

Sometimes, a single detail is enough for the familiar world to change in nature: the image then becomes the site of a shift. Objects metamorphose, scales change, time folds back into memory, and appearances reveal their power of illusion.
With Au-delà du Réel, Perspective Galerie brings together, at the heart of Palacete Severo, four artists whose works explore this moment of transition, when the representation of reality becomes a mysterious material. Each work opens onto a particular sensory dimension: dream, memory, interiority or perception. The viewer is invited to enter a world in which familiar categories become porous.
In the works of Fabienne Houzé-Ricard, Mireille Robbe, Juan Manuel Rodriguez and Madeleine Guiton, a familiar form becomes the threshold to another world: the nest is transformed into a mental matrix, historical engravings begin to dream again, the sky becomes an architecture of memory, and ordinary scenes are altered by the mechanisms of our perception.
The four artists thus work at the boundary between reality and its metamorphosis. Their works awaken latent presences within objects, landscapes and inherited images. They reveal what lies dormant behind forms: a sense of unease, a memory, the possibility of growth, a secret life or a story still unfinished.
With Fabienne Houzé-Ricard, this passage begins at the centre of the nest. An elemental architecture, it carries within it the ideas of origin, protection and birth. Its hollow also evokes a threshold, an eye, or an entrance into an unknown depth.
In the États d’âme series, the artist transforms the nest into a mental theatre. Its cavity holds a stone, plants, a charred log, a bag, a weight or an expanse of water. These presences alter the nature of the refuge and give it a particular psychological resonance.
The nest thus becomes an inner landscape. What settles within it carries the weight of memory, loss, growth or waiting. Life accumulates there through sedimentation, just as memory gathers disparate elements according to a logic of its own. The protective hollow receives fragments of the world and transforms them into states of feeling.
Mireille Robbe makes collective memory the territory of her metamorphoses. Her starting point belongs to the realm of the archive: old engravings depicting religious architecture, scenes of society and landscapes from a world that history seems to have fixed in place. The artist approaches them as territories that remain inhabited, capable of welcoming new apparitions.
Her interventions in colour act like enchantments. An undulating material surges through the centre of a religious building, a monumental curtain takes over a landscape, a flower burns away. Historical time cracks open, allowing another order of reality to emerge.
Mireille Robbe’s gesture consists in looking again: contemplating an image long enough for it to reveal its hidden passages. The engravings become palimpsests in which the past encounters desire, imagination and the sensibilities of the present. History regains a capacity for growth and becomes a living material, traversed by new narratives.
In Juan Manuel Rodriguez’s paintings, the shift takes place through the sky. Clouds, atmospheric variations and horizons compose the landscapes of a world suspended between perception and memory. Each painting seems to hold onto the instant when a form emerges, just before it transforms.
Painted from memory, the landscapes become traces of an inner experience. Memory gathers what has been seen and what has been felt, then recomposes them within a space where past and present meet. The painted sky thus belongs as much to the external world as to the person contemplating it.
Juan Manuel Rodriguez constructs a silent enchantment. His works retain the precision of the visible world while opening it onto the impossible. Their realism intensifies the mystery: every element appears real, yet their conjunction belongs to the realm of dreams. The artist leads us into this interval where memory becomes creative and the gaze acquires the power to bring a world into being.
For Madeleine Guiton, the shift takes place at the very heart of perception. Starting from ordinary scenes, often captured through photography and subsequently transformed through painting, the artist explores what changes between lived experience, the image, and the memory we retain of it. Reality remains recognisable, while our way of perceiving it becomes unstable.
Framing, colour relationships, contrasts and, above all, light participate in this transformation. Whether natural, artificial or emitted by a screen, light reveals certain elements, erases others and subtly shifts our reading of the scene. Images from different sources may also come together, like visual fragments accumulated by the gaze and by memory.
Her paintings inhabit this uncertain zone where the familiar begins to elude us. What is given to be seen mingles with what the gaze reconstructs, making painting less a restitution of reality than a shifting experience of its perception.
As the exhibition unfolds, the gaze ventures into a territory where points of reference shift and each work seems to propose its own rules. Objects acquire a secret life, memory transforms landscapes, images reinvent themselves, and the imagination slips into what we thought we knew.
The viewer moves through Palacete Severo as one enters a story: from room to room, meanings shift and new correspondences emerge. A sense of wonder arises from this openness of the gaze, at the moment when the world reveals dimensions that had until then remained unsuspected.
* Au-delà du Réel: Beyond Reality
Il suffit parfois d’un détail pour que le monde familier change de nature : l’image devient alors le lieu d’un basculement. Les objets se métamorphosent, les échelles se déplacent, le temps se replie sur la mémoire et les apparences révèlent leur pouvoir d’illusion.
Avec Au-delà du Réel, Perspective Galerie réunit au cœur du Palacete Severo quatre artistes dont les œuvres explorent ce point de basculement ; lorsque la représentation du réel devient une matière mystérieuse. Chaque oeuvre ouvre vers une dimension sensible particulière : le rêve, la mémoire, l’intériorité ou la perception. Le spectateur est invité à entrer dans un monde où les catégories habituelles deviennent poreuses.
Dans les œuvres de Fabienne Houzé-Ricard, Mireille Robbe, Juan Manuel Rodriguez et Madeleine Guiton, une forme connue devient le seuil d’un autre monde : le nid se transforme en matrice mentale, la gravure historique recommence à rêver, le ciel devient une architecture de la mémoire et les scènes ordinaires sont altérées par les mécanismes de notre perception.
Les quatre artistes travaillent ainsi à la lisière du réel et de sa métamorphose. Leurs œuvres éveillent des présences latentes dans les objets, les paysages et les images héritées. Elles font apparaître ce qui sommeille derrière les formes : une inquiétude, un souvenir, une possibilité de croissance, une vie secrète ou un récit encore inachevé.
Avec Fabienne Houzé-Ricard, ce passage prend naissance au centre du nid. Architecture élémentaire, celui-ci porte en lui l’idée de l’origine, de la protection et de la naissance. Sa cavité évoque aussi un seuil, un œil ou l’entrée vers une profondeur inconnue.
Dans la série des États d’âme, l’artiste transforme le nid en théâtre mental. La cavité accueille une pierre, des végétaux, une bûche calcinée, un sac, un poids ou une étendue d’eau. Ces présences modifient la nature du refuge et lui confère une tonalité psychique particulière.
Le nid devient alors un paysage intérieur. Ce qui s’y dépose possède le poids du souvenir, de la perte, de la croissance ou de l’attente. La vie s’y accumule par sédimentation, comme la mémoire rassemble des éléments disparates selon une logique qui lui est propre. Le creux protecteur accueille les fragments du monde et les transforme en états sensibles.
Mireille Robbe fait de la mémoire collective le territoire de ses métamorphoses. Son point de départ appartient au domaine de l’archive : gravures anciennes, représentant des architectures religieuses, scènes de société et des paysages issus d’un monde que l’histoire semble avoir fixé. L’artiste les aborde comme des territoires encore habités, capables d’accueillir de nouvelles apparitions.
Ses interventions colorées agissent à la manière d’un enchantement. Une matière ondoyante jaillit au centre d’un édifice religieux, un rideau monumental envahit un paysage, une fleur se consume. Le temps historique se fissure et laisse passer un autre régime de réalité.
Le geste de Mireille Robbe consiste à revoir : regarder une image assez longtemps pour qu’elle révèle ses passages cachés. Les gravures deviennent des palimpsestes où le passé rencontre le désir, l’imagination et les sensibilités du présent. L’histoire retrouve une capacité de croissance et devient une matière vivante, traversée par de nouveaux récits.
Dans les peintures de Juan Manuel Rodriguez, le déplacement s’opère à travers le ciel. Les nuages, les variations atmosphériques et les horizons composent les paysages d’un monde situé entre perception et mémoire. Chaque tableau paraît retenir l’instant où une forme émerge avant de se transformer.
Peints à partir du souvenir, les paysages deviennent les traces d’une expérience intérieure. La mémoire rassemble ce qui a été vu et ce qui a été ressenti, puis les recompose dans un espace où passé et présent se rencontrent. Le ciel peint appartient ainsi au monde extérieur autant qu’à celui qui le contemple.
Juan Manuel Rodriguez construit une féerie silencieuse. Ses œuvres conservent la précision du monde visible tout en l’ouvrant à l’impossible. Leur réalisme rend le mystère plus intense : chaque élément paraît vrai, mais leur réunion appartient au rêve. L’artiste nous conduit dans cet intervalle où la mémoire devient créatrice et où le regard possède le pouvoir de faire apparaître un monde.
Pour Madeleine Guiton, le basculement se joue au cœur même de la perception. À partir de scènes ordinaires, souvent saisies par la photographie puis transformées par la peinture, l’artiste explore ce qui se modifie entre l’expérience vécue, l’image et le souvenir que nous en conservons. Le réel demeure reconnaissable tandis que notre manière de le percevoir devient instable.
Le cadrage, les rapports de couleurs, les contrastes et surtout la lumière participent à cette transformation. Naturelle, artificielle ou émise par un écran, la lumière révèle certains éléments, en efface d’autres et déplace subtilement notre lecture de la scène. Des images provenant de sources différentes peuvent également se rencontrer, comme autant de fragments visuels accumulés par le regard et la mémoire.
Ses peintures se situent dans cette zone incertaine où le familier commence à nous échapper. Ce qui est donné à voir se mêle à ce que le regard reconstruit, faisant de la peinture moins la restitution d’une réalité que l’expérience mouvante de sa perception.
Au fil de l’exposition, le regard s’aventure ainsi dans un territoire où les repères se déplacent et où chaque œuvre semble proposer ses propres règles. Les objets acquièrent une vie secrète, la mémoire transforme les paysages, les images se réinventent et l’imaginaire s’insinue dans ce que nous pensions connaître.
Le spectateur traverse le Palacete Severo comme on entre dans un récit : de pièce en pièce, les significations se déplacent et de nouvelles correspondances apparaissent. Le merveilleux naît de cette disponibilité du regard, au moment où le monde révèle des dimensions jusque-là insoupçonnées.
Por vezes, basta um detalhe para que o mundo familiar mude de natureza: a imagem torna-se então o lugar de uma transformação. Os objetos metamorfoseiam-se, as escalas deslocam-se, o tempo dobra-se sobre a memória e as aparências revelam o seu poder de ilusão.
Com Au-delà du Réel, a Perspective Galerie reúne, no coração do Palacete Severo, quatro artistas cujas obras exploram este ponto de transformação, quando a representação do real se torna uma matéria misteriosa. Cada obra abre-se a uma dimensão sensível particular: o sonho, a memória, a interioridade ou a perceção. O espectador é convidado a entrar num mundo onde as categorias habituais se tornam porosas.
Nas obras de Fabienne Houzé-Ricard, Mireille Robbe, Juan Manuel Rodriguez e Madeleine Guiton, uma forma conhecida torna-se o limiar de um outro mundo: o ninho transforma-se numa matriz mental, a gravura histórica volta a sonhar, o céu torna-se uma arquitetura da memória e as cenas quotidianas são alteradas pelos mecanismos da nossa perceção.
Os quatro artistas trabalham, assim, na fronteira entre o real e a sua metamorfose. As suas obras despertam presenças latentes nos objetos, nas paisagens e nas imagens herdadas. Fazem surgir aquilo que permanece adormecido por detrás das formas: uma inquietação, uma memória, uma possibilidade de crescimento, uma vida secreta ou uma narrativa ainda inacabada.
Com Fabienne Houzé-Ricard, esta passagem nasce no centro do ninho. Arquitetura elementar, este contém em si as ideias de origem, proteção e nascimento. A sua cavidade evoca também um limiar, um olho ou a entrada para uma profundidade desconhecida.
Na série États d’âme, a artista transforma o ninho num teatro mental. A cavidade acolhe uma pedra, elementos vegetais, um tronco carbonizado, um saco, um peso ou uma extensão de água. Estas presenças modificam a natureza do refúgio e conferem-lhe uma tonalidade psíquica particular.
O ninho torna-se, então, uma paisagem interior. Aquilo que nele se deposita possui o peso da memória, da perda, do crescimento ou da espera. A vida acumula-se por sedimentação, tal como a memória reúne elementos díspares segundo uma lógica que lhe é própria. A cavidade protetora acolhe fragmentos do mundo e transforma-os em estados sensíveis.
Mireille Robbe faz da memória coletiva o território das suas metamorfoses. O seu ponto de partida pertence ao domínio do arquivo: gravuras antigas que representam arquiteturas religiosas, cenas de sociedade e paisagens provenientes de um mundo que a história parece ter fixado. A artista aborda-as como territórios ainda habitados, capazes de acolher novas aparições.
As suas intervenções de cor agem como um encantamento. Uma matéria ondulante irrompe no centro de um edifício religioso, uma cortina monumental invade uma paisagem, uma flor consome-se. O tempo histórico abre-se em fissuras e deixa passar um outro regime de realidade.
O gesto de Mireille Robbe consiste em rever: olhar uma imagem durante tempo suficiente para que esta revele as suas passagens ocultas. As gravuras tornam-se palimpsestos onde o passado encontra o desejo, a imaginação e as sensibilidades do presente. A história recupera uma capacidade de crescimento e transforma-se numa matéria viva, atravessada por novas narrativas.
Nas pinturas de Juan Manuel Rodriguez, o deslocamento opera-se através do céu. As nuvens, as variações atmosféricas e os horizontes compõem as paisagens de um mundo situado entre a perceção e a memória. Cada pintura parece reter o instante em que uma forma emerge antes de se transformar.
Pintadas a partir da memória, as paisagens tornam-se vestígios de uma experiência interior. A memória reúne aquilo que foi visto e aquilo que foi sentido, recompondo-os depois num espaço onde passado e presente se encontram. O céu pintado pertence, assim, tanto ao mundo exterior como àquele que o contempla.
Juan Manuel Rodriguez constrói um encantamento silencioso. As suas obras conservam a precisão do mundo visível, ao mesmo tempo que o abrem ao impossível. O seu realismo intensifica o mistério: cada elemento parece verdadeiro, mas a sua reunião pertence ao sonho. O artista conduz-nos até esse intervalo onde a memória se torna criadora e o olhar adquire o poder de fazer surgir um mundo.
Para Madeleine Guiton, a transformação acontece no próprio cerne da perceção. A partir de cenas quotidianas, frequentemente captadas pela fotografia e posteriormente transformadas pela pintura, a artista explora aquilo que se modifica entre a experiência vivida, a imagem e a memória que dela conservamos. O real permanece reconhecível, enquanto a nossa forma de o perceber se torna instável.
O enquadramento, as relações entre as cores, os contrastes e, sobretudo, a luz participam nesta transformação. Natural, artificial ou emitida por um ecrã, a luz revela determinados elementos, apaga outros e desloca subtilmente a nossa leitura da cena. Imagens provenientes de diferentes fontes podem também encontrar-se, como fragmentos visuais acumulados pelo olhar e pela memória.
As suas pinturas situam-se nessa zona incerta onde o familiar começa a escapar-nos. Aquilo que nos é dado a ver mistura-se com o que o olhar reconstrói, fazendo da pintura menos a restituição de uma realidade do que a experiência móvel da sua perceção.
Ao longo da exposição, o olhar aventura-se por um território onde os pontos de referência se deslocam e onde cada obra parece propor as suas próprias regras. Os objetos adquirem uma vida secreta, a memória transforma as paisagens, as imagens reinventam-se e o imaginário insinua-se naquilo que julgávamos conhecer.
O espectador percorre o Palacete Severo como quem entra numa narrativa: de sala em sala, os significados deslocam-se e surgem novas correspondências. O maravilhoso nasce dessa disponibilidade do olhar, no momento em que o mundo revela dimensões até então insuspeitadas.
* Au-delà du Réel: Para Além do Real


















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